Aujourd’hui, pour la première fois depuis sa création en 2008, la première étape vers le RIP a été franchie. Et oui, 218 parlementaires se sont mis d’accord aujourd’hui pour enclencher la première étape du Référendum d’Initiative Populaire, pour essayer de faire annuler la privatisation d’Aéroport De Paris.

218 parlementaires de tous bords, unis contre un projet : du jamais vu !

Pour mettre en place un référendum d’initiative partagé, il faut qu’une proposition de loi soit déposé par au minimum d’un d’un cinquième des parlementaires, soit au moins 185. Aujourd’hui, de la FI jusqu’au Républicains en passant par le PS, ce sont 218 députés, donc plus du cinquième nécessaire, qui se sont mis d’accord pour déposer cette proposition de référendum d’initiative partagé, contre le projet de loi très controversé qui entrainerai la privatisation d’Aéroport De Paris.

La photo est unique, le moment, historique. En effet, voir 9 représentants de groupes parlementaires si différents et habituellement très opposés les uns aux autres, se mettre d’accord sur une idée, ça n’arrive pas tous les jours, et profitons-en, ça n’arrivera peut être pas de nouveau de si tôt !

Un long chemin vers le référendum

Mais soyons honnête, le chemin vers le référendum est long et sera semé d’embuches. Les parlementaires l’avouent eux-mêmes, étant donné que cette initiative n’a jamais eu lieux, ils ne savent pas vraiment où ils vont et ce que cela donnera.

Parce que oui, maintenant que les parlementaires se sont mis d’accord sur le fait qu’ils ne sont pas d’accord, il va y avoir besoins de la validation du Conseil Constitutionnel. Après la validation de celui-ci, les parlementaires ont besoins de 4,5 millions de signatures de la part de la population (10% des votants), dans un délais de 9 mois. Pas impossible, mais bon, il n’y a pas encore eu à ce jour de pétitions ayant obtenu à ce point de signatures, et on peut regretter ce seuil exagérément haut. Mais bon, étant donné que cette fois, notre signature pourrait vraiment servir à quelque chose, cela motivera peut être celles et ceux qui habituellement, ne signent pas.

Mais une fois les 4,5 millions de signatures obtenues, le combat n’est pas fini et le référendum toujours pas obligatoire ! Et non, la loi laisse encore et toujours une porte de sortie à la majorité, qui peut, à ce moment là, proposer à nouveau le projet de loi pour qu’il soit soumis au vote des parlementaires dans les 6 mois. Dans ce cas là, pas de référendum!

Et oui, pour conclure, le RIP c’est vraiment le canard boiteux du RIC. Il est extrêmement difficile et long à mettre en place, et en plus, on n’est même pas certains d’avoir un référendum à la fin.

Mais bon, le fait même que les parlementaires aient réussi à s’entendre là dessus et historique. On espère que notre gouvernement, qui voulait remettre la démocratie au cœur du parlement, n’utilisera pas la possibilité de refaire passer son projet de loi par sa majorité et laissera le peuple s’exprimer en toute conscience, dans le cas où le seuil de 4,5 millions de signatures serait atteint.