Le grand débat : premières observations

Le grand débat : premières observations

On n’avait pas encore parlé du grand débat national mais détrompez vous, ça n’est pas parce que le sujet ne nous intéresse pas ou que nous le boudons. En fait, nous voulions simplement pouvoir prendre le temps de voir à quoi il ressemblait avant d’en parler.

Donc pour résumer (mais nous nous exprimerons sans doute plus longuement dessus dans des articles futurs) :

– nous sommes assez sceptiques sur la partie en ligne (ou papier) de ce grand débat. Habitués des consultations en tout genre, voir que le gouvernement a opté pour ce qui s’apparente finalement à un sondage ou un cahier de doléance en ligne nous à pour le moins surpris (pour être polis). En effet, la plateforme est proposée par CapCollectif dont nous connaissons la qualité des prestations et habituellement les consultations permettent au minimum que les participants puissent échanger (d’où le terme débat), c’est le cas pour toutes les consultations proposées par Parlement&Citoyen par exemple (qui a en ce moment même une consultation ouverte pour accueillir les propositions des gilets jaunes) ou pour la consultation qui avait eu lieu l’année dernière avec plusieurs députés dans le but d’accueillir les propositions des gens pour préparer la réforme de l’assemblée nationale. Bref, la technologie pour rassembler et ensuite traiter les propositions émergent d’un réel débat en ligne existe et il est malheureux que le gouvernement ait décidé de faire sans dans un moment comme celui ci de crise de confiance envers nos institutions.

– concernant les débats en réel, nous avons assisté à celui de Strasbourg concernant la transition écologique organisé par notre député Thierry Michels et nous avons été très agréablement surpris. Le terme debat n’est pas forcément adapté parce qu’il n’est pas forcément possible de débattre en 2h d’un sujet aussi complexe. L’idee était plutôt de recueillir les propositions des personnes présentes afin de les remonter à l’assemblée Nationale. La discussion n’a pas été bridée aux quelques lignes directrices présentes dans le format web et beaucoup de propositions très intéressantes ont émergées, sans aucun besoins de modérer les propos, dans le calme et l’intelligence. A la fin, tout le monde a semblé satisfait de cet evennement et la majorité a demander d’en organiser de nouveaux. Ce qui montre une chose : quand on donne la parole aux gens et qu’on les écoute, ceux ci répondent avec beaucoup de respect et d’intelligence à la question posée et surtout, demandent à recommencer. Nous espérons donc qu’à l’avenir ces moments démocratiques se generaliserons et permettrons à tout un chacun de pouvoir s’exprimer.

Un évènement original : réinventer l’Assemblée Nationale

Un évènement original : réinventer l’Assemblée Nationale

Hier, mercredi 20 septembre make.org a organisé l’évènement « Réinventer l’Assemblée Nationale ».
En présence (physique ou grâce au live facebook) de nombreux citoyens, d’un grand nombre de députés et du président de l’Assemblée Nationale, François de Rugy, make.org a permis a 11 civictechs innovantes et participant à réinventer l’assemblée nationale de se présenter.

Les citoyens et les députés ont également eu la parole pour exprimer leur besoins, leurs expériences et leur vision du futur de l’Assemblée Nationale.

Pour celles et ceux qui n’auraient pas suivi l’évènement, nous vous en proposons un résumé.
Les 11 civictechs présentes étaient :

Accropolis , la chaine YouTube qui commente les débats politiques en direct. En plus des débat à l’Assemblée Nationale ou des questions au gouvernement, Accropolis couvre également des évènements plus internationaux comme les conférences des Nations Unis par exemple. Avec lui, les interminables débats à l’assemblée nationale n’auront plus de secret et vous paraitront intéressants ! On vous le conseille !

Parlement et citoyen , une plateforme qui permet aux citoyens et parlementaires de rechercher ensemble des solutions aux problèmes de notre pays. Parlement et citoyens travaille en étroite collaboration avec les parlementaires, qui déposent, de façon volontaire, leurs propositions de loi, afin de recueillir les avis, les éventuels amendements et votes des citoyens sur la proposition.

Démocratie Ouverte et Sytème D, un collectif citoyen indépendant qui agit pour accompagner les innovateurs démocratiques, permettre aux citoyens de faire entendre leur voix et de gagner en pouvoir d’agir.

Voxe, c’est la boîte à outils du citoyen connecté. Passez y faire un tour, vous y trouverez tout un tas d’outils pour vous aider à vous connecter à la politique simplement.

Brainlinks qui réunit plusieurs applications permettant la circulation des idées et de valeurs à grande échelle.

Assembl, une plateforme conçue pour structurer les groupes de grande taille (jusqu’à des dizaines de milliers) pour assurer une intelligence collective. Ce n’est ni un réseau social ni un forum en ligne, chacun est incité à réagir et à co-construire en fonction des contributions des autres participants.

Kawaa, une plateforme collaborative qui rassemble tous les outils pour réussir l’organisation des rencontres dans la vie réelle.

Fluicity , un réseau citoyen pour une démocratie locale en continue. C’est une appli qui vous permet de dialoguer directement avec vos élus.

Stig, une application gratuite qui permet aux citoyens de construire ensemble la volonté générale à l’échelle de la France ainsi qu’à l’échelle locale.

Cap Collectif, une plateforme d’intelligence collective complète et polyvalente.

Et bien sur make.org qui organisait l’évènement, qui est une plateforme indépendante et non partisane dont la raison d’être est de catalyser les idées afin de mettre en œuvre les actions qui façonneront la société de demain..

Certains députés ont également pu expliquer ce qu’ils mettaient en place dans leur circonscription pour améliorer le débat public et la participation des citoyens, comme Pacôme Rupin, qui met en place des ateliers citoyen pour discuter avec les citoyens des lois en cours de vote à l’Assemblée Nationale, ou également Paula Forteza dont la démarche est de travailler à l’ouverture du parlement sur la société civile par le biais d’outils numériques par exemple.

D’autres civictechs ont pu présenter leur projet comme par exemple citizen lab (une plateforme d’engagement civique permettant aux élus de gérer leurs projets de participation citoyenne) ou ciwik (une application qui reconnecte les citoyens à leurs élus, candidats et collectivités)

La conférence s’est terminée par un discours de François de Rugy qui soutient les initiatives développées par les civictechs pour aider à rapprocher les citoyens de la politique.

Pour conclure , nous voudrions préciser ce qui a été dit en début de conférence. L’ensemble des députés ont été sollicités de la même manière pour participer à cet évènement, la venue de chacun était une décision individuelle, aucun groupe n’ayant été sollicité plus que les autres. Un autre point important est la neutralité des civictech qui se doivent d’être non partisane et le plus neutre possible même si la neutralité totale n’est pas une chose évidente. Egalement, la question du modèle économique a été rapidement soulevé en début de conférence et il est important de rappeler qu’il est nécessaire que la société civile s’empare du sujet de l’engagement citoyen, qui de toute évidence va prendre de l’ampleur ces prochaines années, afin de limiter la reprise de ce sujet par des sociétés dont le but n’est pas forcément l’emancipation citoyenne. Bien sur, la confidentialité des données personnelles est un enjeux majeur pour toutes les plateformes qui proposent des votes ou qui demandent des avis. Il est absolument nécessaire que ces données soient protégées et ne soient pas utiliser pour être revendues, à quelle que fin que se soit.
Enfin, même si les civictech passent pour le moment pour une grande partie par internet et par les nouvelles technologie, n’oublions pas que l’engagement citoyens passe et passera aussi par un engagement en réel, c’est pourquoi nous étions très heureux de pouvoir participer à cette manifestation, et que nous travaillerons dans le futur pour aider à l’organisation d’évènement permettant la rencontre et la discussion entre citoyens, et entre citoyens et élus.